Messiah - Haendel
La Chapelle Rhénane - direction Benoît Haller

Concert
Vendredi 31 août 2012 – 21h00
Eglise Saint Etienne de la Cité - Périgueux
Dans cette œuvre magistrale et fondatrice, Haendel met à la disposition de la prédication le ressort dramatique et musical de l’opéra...
Bien que considéré comme un « oratorio sacré », le Messie est résolument sorti de l’église. Donné sur scène, il épouse toutes les ressources dramatiques et musicales de la scène, à l’exception du jeu des acteurs et des machineries. Ce développement opéré par Haendel lui permet d’atteindre une dimension nouvelle par une large amplification théâtrale, qui laisse libre cours à la volonté de l’ancien auteur d’opéras, de prolonger son succès auprès d’un nouvel auditoire. Il faut cependant noter que cette théâtralisation est obtenue par des moyens essentiellement musicaux et que le ressort proprement dramatique est absent du Messie.
En mars 1743 lors de la création britannique du Messie, une cabale de dévots rejette ce Messiah en s’appuyant sur l’idée que la fresque semble grandiloquente à certains, et trop éloignée du recueillement ou du demi-silence qu’exigerait la vraie prière. La guerre des « libelles » va durer plusieurs mois, portant un tort considérable au succès de l’oratorio. Haendel devra limiter à deux représentations les auditions du Messie en 1743 et n’en donner aucune en 1744.
On sait, certes, que le roi lui-même s’était levé lors de la première en entendant l’explosion de joie de l’Alléluia où l’on chante, par exemple, For the Lord God (des mots qui, comme à l’accoutumée, s’adressaient à lui autant qu’à Dieu). Il donna ainsi naissance à la tradition britannique qui veut que la salle se lève à ce moment lors de chaque exécution en concert. Haendel a dirigé de nombreuses fois le Messie, adaptant souvent l’œuvre aux circonstances, si bien qu’aucune version ne peut être considérée comme authentique.
C’est sans doute cette dernière raison qui fait de chaque représentation une création en soi, offrant une grande latitude aux interprètes pour exhumer la vérité de ce chef d’œuvre.




